L’école ne finit pas après les études!

La montée en compétences des acheteurs va de pair avec la transformation de la Fonction. Les formations traditionnelles ne suffisent pas.
 

  
Certains lieux communs valent d’être répétés à l’envie : une entreprise ne vaut que par les hommes qui y travaillent. Et c’est on ne peut plus vrai pour une fonction hautement commerciale comme les Achats. Quand une Direction veut faire franchir un palier à sa Fonction Achats, cela passe nécessairement par une montée en compétences de ses acheteurs.
 
Elle peut embaucher des acheteurs diplômés d’une école spécialisée en achats… Qu’ils en profitent, la France est dotée d’excellentes écoles dans ce domaine ! Elle se doit aussi de faire monter en compétence les acheteurs en poste. C’est un investissement incontournable.
 
De nouvelles compétences indispensables
Les compétences que les Directions Achats recherchent le plus chez leurs acheteurs stratégiques correspondent à l’évolution de la Fonction – d’une bonne connaissance du processus de consultation et de la maîtrise de la négociation, ils veulent en plus une bonne capacité à analyser en profondeur les marchés fournisseurs, à construire une stratégie qui a du souffle et qui innove, à être capable de décomposer les coûts des fournisseurs, à déterminer un « should cost », à appréhender les attentes des interlocuteurs internes en comprenant les fondamentaux stratégiques de l’activité, en maîtrisant des concepts financiers ou juridiques. Amenés à conduire des équipes multifonctionnelles, les acheteurs doivent faire aussi montre de qualités de savoir-être – assertivité, leadership… – tout cela couronné par un solide savoir-faire en gestion de projet.
 
La mise en pratique vaut bien plus que l’excellence académique d’une formation
Un large éventail de formations s’offre aux entreprises. Pour les formations « métier » centrées sur les acheteurs, elles peuvent opter pour des sessions en présentiel qui ont le mérite de réunir des acheteurs de l’entreprise, de créer un liant, de leur faire adopter un langage commun. Elles peuvent aussi promouvoir un système d’e-learning qui présente lui l’avantage d’être beaucoup plus souple et moins coûteux. Sur la forme, les choses évoluent : moins de théorie, plus d’interactions, si possible des serious games.. La tendance est surtout d’éviter la césure entre formation et mise en pratique. Une formation peut être remarquable mais sans effet si le lien avec la vie au quotidien de l’acheteur n’est pas assuré. Pour ce faire, celui-ci peut venir en formation avec des dossiers en cours qui seront discutés en séance. Une piqure de rappel par le formateur quelques semaines ou mois plus tard voire un coaching personnalisé assurent la mise en œuvre des principes appris et donne l’occasion de corriger les écarts si nécessaire. Encore une fois une formation n’a de valeur que par la solidité du lien avec le quotidien de l’acheteur
 
Rendre l’entreprise apprenante
En poussant cette logique un peu plus loin, l’objectif est bien de rendre l’entreprise apprenante de manière continue. Concrètement il s’agit de lancer des initiatives ou de mettre en place des process qui permettent au savoir de se diffuser dans l’entreprise de manière permanente. Et là l’imagination n’a pas de limites. Mise en place d’un tutorat pour tout nouvel arrivant dans la fonction ou tout simplement changeant de portefeuille. Des « learning expeditions » s’organisent pour apprendre le métier des autres et faciliter les échanges. Partage organisé de bonnes pratiques en visio conférences ou par videos. Mise sur pied d’équipes projet auxquelles participent un acheteur chevronné et un junior. Animation volontaire et structurée de communautés par les réseaux sociaux d’entreprise. Et bien sûr s’assurer que le manager est bon pédagogue… la liste est longue.
 
L’apprentissage de concepts est certes indispensable aux Achats. Plus celui-ci se fera dans le cadre du quotidien de l’entreprise, plus la formation sera efficace.

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