Vivent les communautés !

Comment les achats peuvent tirer parti de l’essor des communautés dans l’entreprise ?
 

 
La notion de « communauté » n’est pas née avec Internet : elle existe depuis que l’homme est homme. Au sens étymologique originel, elle exprime un ensemble de personnes qui partagent une ressource ou une obligation. Le terme s’est élargi à un regroupement de personnes autour d’une thématique commune. De fait, pour comprendre l’étendue du concept, il suffit de penser à tous les adjectifs qu’on peut lui adjoindre : nationale, religieuse, linguistique, scientifique, internationale, paroissiale, d’esprit ou d’intérêt… Dans le même esprit, on parle de la communauté des acheteurs d’une entreprise ou de la communauté des collectionneurs de coléoptères à yeux verts. Faisons toutefois la différence avec la « société » qui sous-entend une appartenance formelle ou « l’équipe » qui implique l’existence d’un objectif précis, une sélection de ses membres, un début et une fin, notions qu’on ne retrouve pas nécessairement au sein d’une communauté.
 
Dans l’entreprise une communauté constitue donc un animal singulier: un département, un service ou une équipe projet constituent des communautés mais celles-ci ne se limitent pas à ceux-là. Une communauté d’intérêt peut ainsi se constituer autour d’un thème. Pour les achats, le category management offre, par exemple, un thème fédérateur parfait pour constituer une communauté : y adhèrent tous ceux qui sont intéressés peu ou prou par la catégorie en question que ce soit des acheteurs ou des opérationnels qui apportent à la communauté de l’expertise, de l’expérience ou tout simplement qui souhaitent être informés pour pouvoir s’aligner sur ses orientations.
 
Les communautés se multiplient…
Ce qui est nouveau, c’est moins l’existence de communautés elle-même que leur multiplication dans l’entreprise due à deux phénomènes récents. En tout premier lieu, les organisations sont de plus en plus souvent matricielles. Un acheteur peut travailler simultanément pour son entité géographique, pour un métier donné, pour un category manager, pour un chef de projet. Son sentiment d’appartenance se dilue dans tous ces ensembles et l’attachement hiérarchique à une entité s’estompe. Travailler de manière temporaire ou volontaire au sein d’un groupe de personnes sur un projet ou autour d’un thème devient la norme ce qui encourage l’éclosion de communautés actives au sein de l’entreprise. Un autre facteur accélère le phénomène : l’émergence de nouveaux modes de communication liées au digital . On pense bien sûr au réseau social d’entreprise qui permet un échange instantané et universel d’information sous toutes ses formes mais aussi à la co-construction de documents dans le cloud ou encore à la visio-conférence animée.
 
… sachons en tirer parti !
Cette évolution exige de la part des collaborateurs et des acheteurs en particulier de renforcer leurs réflexes collaboratifs. Les comportements de franc-tireur, comme de garder de l’information pour soi ou de chercher à se mettre en valeur en concoctant une solution dans son coin, ne sont pas adaptés à l’entreprise moderne. Tout au contraire, il s’agit bien davantage de s’appuyer sur l’intelligence collective d’une communauté d’intérêt pour progresser. Le partage d’information ou de bonnes idées au sein d’un groupe a un effet exponentiel sur le niveau de connaissance de chacun de ses membres. Même si l’intérêt du collectif est bien compris, sa mise en place se heurte à une culture managériale traditionnelle qui tend à privilégier la mesure de la performance individuelle sur la collective. Une autre difficulté tient à l’animation d’une communauté (le fameux « community management »). La pertinence du thème qui rassemble la communauté ne suffit pas toujours : il faut aussi un leader qui structure bien le sujet, l’enrichit régulièrement mais qui anime au quotidien de manière vivante et attirante la communauté pour renforcer le sentiment d’appartenance. Un bon community manager sait qu’une petite vidéo ou un trait d’humour ne font jamais de mal!
 
Encore une fois, technologie et évolution des organisations donnent à l’acheteur une fantastique opportunité de mettre en valeur ses qualités interpersonnelles.

Pas encore de commentaire

Déposer un commentaire